Expatriation, codes vestimentaires et communication (in)volontaire

Je vous propose dans cet article de continuer à explorer les différentes facettes de l’expatriation, que ce soit en France ou dans n’importe quel autre pays, en nous intéressant au(x) code(s) vestimentaire(s).

Comme je l’ai dit dans des articles précédents, vivre en expatriation génère un choc culturel, qu’il soit léger ou important, et ce choc culturel dépasse très souvent les domaines que l’on voudrait pouvoir lui assigner. Ressentir un choc culturel implique également que l’on soit capable de se questionner, de relativiser les choses qui nous entourent, de mettre les choses en perspective, de les observer, les comprendre et de les ajuster.

Pour aujourd’hui, je voudrais aborder la perspective interculturelle de l’expatriation et celle du choc culturel sous l’angle des codes vestimentaires. En effet, tout ce qui touche à l’habillement, à la coiffure ou encore au maquillage fait partie des domaines du choc culturel car ces aspects sont non seulement culturellement marqués, mais ils sont aussi culturellement construits. Or, comme souvent avec les problématiques interculturelles, on n’en est pas forcément conscient quand on change de culture.

D’une façon générale, notre accoutrement ne peut se cacher, et en situation interculturelle encore moins. Il risque surtout de dire que l’on est étranger et sans grande connaissance des us et coutumes locaux. Or, ces us et coutumes, sont à une très large majorité, des règles sociales et culturelles.  Quand on s’habille, on pense rarement que l’on effectue un acte social, un acte qui va parler aux autres. Pourtant, même de façon peu consciente, on sait que si l’on est invité à un mariage, on ne pourra pas porter les mêmes vêtements que pour un barbecue entre amis. On sait également que pour un entretien d’embauche, on ne portera pas ses vêtements de jardinage. Si l’on sait qu’il ne serait pas convenable de s’habiller de telle façon dans telles circonstances, c’est parce qu’au fond de soi, on sait que nos vêtements communiquent.

L’une des fonctions de l’habillement est la conformité aux règles. Cela inclut l’appartenance à une classe sociale, à une tranche d’âge, à certaines fonctions, à un sexe ou encore à certaines circonstances. 

L’habillement nous place dans la société et indique si nous respectons ou non les règles. Il faut donc connaître ces règles, connaître les usages en vigueur dans une culture afin de s’y conformer. Ne pas connaître ces règles, ne pas s’en inquiéter ou ne pas avoir conscience de leur existence pourrait nous conduire à faire des erreurs, au mieux des fautes de goût, au pire à être impoli ou irrespectueux.

Une fois de plus avec la problématique interculturelle, le diable se cache dans les détails et il se cache surtout là où on ne l’a jamais imaginé auparavant. Il faut donc savoir questionner les choses les plus simples, les choses qui « vont de soi », les choses « naturelles » et être capable de les remettre à leur place, c’est-à-dire de leur rendre leur dimension culturellement construite. À partir de là, on se donne la possibilité de les déconstruire, de les analyser et on en fait un objet de questionnement que l’on peut ajuster et modifier en fonction des besoins de la situation.

Cette démarche, comme toutes les démarches relatives au questionnement interculturel, n’est pas compliquée à comprendre sur le plan intellectuel une fois que l’on découvre son existence. En revanche, penser à l’appliquer régulièrement quand on se trouve en situation d’expatriation peut s’avérer plus délicat. Mais, pour l’interculturel comme pour beaucoup de choses, les premiers pas seront lourds et maladroits, puis on s’habituera à ouvrir les yeux, à porter un regard plus distant et curieux sur ce qui nous entoure et on parviendra à se poser des questions de plus en plus pertinentes. Notre compétence interculturelle s’améliore avec le temps. Il faut juste la reconnaître et lui laisser assez d’espace, la considérer sérieusement et non comme un détail que l’on peut se permettre de négliger.

Laisser sa compétence interculturelle sur le plan théorique, revient à la même chose qu’apprendre une langue le nez dans un dictionnaire. Il faut oser aller pratiquer, faire, essayer, questionner, mettre en pratique pour progresser.

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