Apprentissage et erreur : et pour vous, c’est comment ?

Apprentissage et erreur : et pour vous, c’est comment ?

Quel est votre rapport à l’erreur ?

Je vous invite à continuer la réflexion commencée dans le billet précédent concernant l’erreur dans l’apprentissage d’une langue, surtout par rapport à VOTRE perception. Je vous propose de prendre quelques minutes pour vous poser et réfléchir à votre positionnement par rapport à cette question de la faute  / erreur afin de mieux vous comprendre et de mieux vivre votre apprentissage (au final, c’est le but !).

J’ai donc décidé de me pencher avec vous sur cette problématique car je vois trop souvent des étudiants qui n’osent pas prendre la parole, qui n’osent pas « essayer », alors que le cours de FLE et plus largement le cours de langue est LE lieu pour s’entraîner, se tromper, comprendre son erreur, réessayer, réussir et être prêt(e) à voler de ses propres ailes à l’extérieur de la classe.

Loin de moi l’idée de blâmer qui que ce soit, je sais à quel point essayer de s’exprimer dans une langue étrangère peut être intimidant, voire frustrant. Ce que je veux, à travers ce billet, c’est vous montrer une perspective différente par rapport à l’erreur. Je veux vous expliquer comment l’erreur est perçue du côté de l’enseignant(e), en quoi elle peut être utile, en quoi on peut en faire une force.

Bien sûr, je ne dis pas non plus qu’il faut se complaire dans l’erreur et excuser un quelconque manque de travail, je vous propose de trouver le « juste milieu ».

Allez, c’est parti !

Est-ce que parfois, vous avez peur de vous exprimer en français parce que vous pensez que vous risquez de dire une « bêtise » ? Est-ce que cette peur ou cette angoisse vous freine ?

Rassurez-vous, tout est normal. Être intimidé(e) parce qu’il faut s’exprimer dans une langue étrangère, avoir l’impression de devoir dire des choses qui dépassent nos capacités, c’est le lot de beaucoup d’étudiants et c’est pour cela qu’il est bon de réfléchir dessus.

Qu’est-ce que l’erreur ?

Une hypothèse erronée. Et c’est tout !

Souvent, l’erreur est perçue comme « une faute », une chose horrible à supprimer et à éradiquer. Alors, oui et non !

Avoir pour but de supprimer ses erreurs est effectivement l’un des buts de l’apprentissage d’une langue étrangère. Je suis tout à fait d’accord avec vous. En revanche, être trop sévère envers soi-même et ne pas tolérer d’erreur dès le premier essai. Là, je m’insurge !

Votre professeur, le livre sur lequel vous vous appuyez, votre explication grammaticale, tout cela ne vous donne qu’une ou deux version(s) des faits. Ce que je veux dire par là, c’est qu’expliquer un point de grammaire ou un fait de langue peut se faire de beaucoup de façons différentes. Votre professeur de français vous l’expliquera de la façon qui lui semble la meilleure, la plus claire. Mais cette façon n’est pas forcément celle qui vous convient à 100%. Il se peut également que vous ayez compris les grandes lignes d’une explication, mais sans tout intégrer, tout retenir et tout traiter. Et c’est absolument normal.

On ne peut pas tout retenir, on ne peut pas comprendre 100% d’un message (et d’ailleurs quand on s’exprime, on n’exprime même pas correctement 100% de ce que l’on a l’intention de dire, même dans sa langue maternelle). Nous sommes là face à des principes de communication basiques, mais trop souvent mis de côté.

Et je suis une fervente adepte de la « remise au centre » de toutes ces choses.

Je vous invite donc à considérer l’erreur comme une hypothèse que vous avez formulée dans votre esprit, à partir des informations que vous entendues ou lues. Et lorsque vous essayez votre hypothèse, vous réalisez (ou votre professeur vous corrige), que vous aviez compris ceci, mais pas cela. Vous comprenez que « oui en général, mais pas dans ce cas », et ainsi de suite.

L’erreur est donc le test de votre hypothèse, et ce n’est pas plus grave que cela. C’est aussi un guide pour votre enseignant, et une opportunité d’amélioration et de progrès pour vous.

Peut-on apprendre une langue sans erreurs ?

Absolument pas 🙂

Vous ne seriez plus des « apprenants » si vous appreniez sans faire aucune erreur. Et puis, vous pensez un peu à ces pauvres professeurs. À quoi serviraient-ils ?!

Pourquoi a-t-on peur de l’erreur ?

  • Peur du ridicule, excès de perfectionnisme, peur d’être bloqué(e), peur d’être moqué(e)…
  • Désir d’apprendre plus rapidement, d’en avoir fini avec cette phase d’apprentissage.
  • Envie d’être « là-bas » , « quand je parlerai bien », « quand je ferai tout juste », en refusant de profiter du chemin qui vous y mène, rejet du « ici et maintenant » qui pourtant a ses charmes.

À quel point cette peur devient-elle handicapante ?

Ressentir un peu de stress avant de parler dans une langue étrangère, avant de répondre devant sa classe, est normal. Mais parfois, cette peur de l’erreur peut devenir un véritable handicap dans l’apprentissage. Lorsque la peur de l’erreur devient paralysante, lorsque cette peur de l’erreur empêche d’essayer de parler, quand la peur de l’erreur ne permet pas de tester ses propres hypothèses alors oui, dans ce cas, cela devient un handicap qui risque de ralentir la progression. Il en est de même lorsque cette peur de l’erreur, en empêchant de tester ses hypothèses, empêche de s’approprier une notion, de se constituer sa propre banque de données. Car oui, si votre professeur ou votre livre vous montre des exemples, il est toujours excellent de vous créer vos propres exemples afin de vous approprier les notions en question.

Quels sont les bénéfices de l’erreur ?

En permettant de tester des hypothèses, l’erreur permet également de les corriger, de les rectifier, d’ajuster ces hypothèses, de les affiner, de les améliorer et donc de progresser.

L’erreur permet de se corriger, de progresser et l’erreur est un indicateur important pour le professeur de FLE. En testant des hypothèses et en se trompant, l’apprenant donne de précieuses indications de sa compréhension à son professeur. Lorsque des notions sont encore fragiles, le professeur comprend où ses étudiants en sont, il sait si telle erreur doit être corrigée, au risque sinon de faire prendre du retard, ou si cette erreur est normale à ce stade de l’apprentissage et sera corrigée plus tard.

Quel est le risque d’un apprentissage qui évite l’erreur à tout prix ?

  • Stagner.
  • Ne jamais se donner l’opportunité de pouvoir tester / vérifier ses hypothèses, conserver des hypothèses fausses, traîner des erreurs sur la durée, les intégrer et avoir beaucoup de mal à s’en défaire.
  • Ne pas s’exposer à son professeur, l’empêcher d’avoir correctement accès à son propre niveau. Celui lui enlève la possibilité de proposer des activités de remédiation (de correction, d’ajustement).
  • Entrer dans un cercle-vicieux : ne pas parler par peur de l’erreur, moins parler, avoir plus peur, moins parler, avoir plus peur…

En conclusion : jetez-vous à l’eau !

  • Utilisez les ressources mises à disposition dans votre cours.
  • Utilisez le temps dont vous disposez.
  • Votre enseignant est une ressource précieuse.
  • Une relation d’enseignement/apprentissage intentionnelle.
  • Construisez une relation de confiance.

Et si vous vous trouvez dans une situation délicate, si vous apprenez une langue étrangère et que vous vivez mal votre apprentissage, je peux vous aider à mieux vous comprendre et à surmonter certains obstacles.

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