Faute ou erreur ? Quel impact sur votre apprentissage ?

Quand on apprend une langue étrangère, et quand on apprend tout simplement, on peut parfois se trouver dans des situations qui nous semblent difficiles, gênantes, désagréables ou délicates. Il nous arrive parfois de ne pas oser parler, de penser que notre question n’est pas intéressante ou encore de se dire qu’on aurait dû comprendre et qu’il vaut mieux ne pas déranger le professeur.

Il peut aussi nous arriver d’avoir peur de passer pour quelqu’un de stupide puisque les autres ont, apparemment, compris.

Mais de quoi a-t-on peur quand on se trouve en situation d’apprentissage ?

Bien souvent, on a peur de faire des « fautes », on est déçu par nos « fautes », on voudrait éviter les « fautes ».

Alors aujourd’hui, je vous invite à considérer cela : en tant qu’apprenant, vous ne faites pas de fautes, vous faites des erreurs. Et c’est totalement différent.

La faute

Le terme « faute » est un nom féminin qui peut se définir comme un manquement à la règle morale, au devoir, mais aussi comme une mauvaise action.
La faute correspond à quelque chose de lourd, quelque chose de répréhensible (à punir), quelque chose qui ne peut être pris à la légère, quelque chose qui est fait intentionnellement.
Quand on commet une faute, on fait une action mauvaise qui mérite d’être punie.

L’erreur

L’erreur quant à elle, se définit comme l’état ou l’action d’une personne qui se trompe.

On voit, grâce à ces deux définitions, qu’une faute ou une erreur, ce n’est pas la même chose. C’est pour cela que je voudrais vous inviter à réfléchir au terme que vous employez quand vous parlez de vous, de votre apprentissage, d’un exercice.

Trop souvent, j’entends des étudiants dire qu’ils font « des fautes », qu’ils ont fait « une faute » ou encore qu’ils sont déçus parce qu’ils ont fait trop de fautes. Mais considérer que l’on fait une faute, c’est trop lourd à porter, c’est trop lourd de sens. Vous vous trompez, certes, mais vous n’avez tout de même pas commis un péché ! Ne pas conjuguer un verbe correctement n’envoie pas en enfer…

La vision que vous avez de vous-même

Si j’insiste sur ce point, c’est parce qu’il a un impact sur la façon dont vous vous percevez et donc sur votre apprentissage de la langue. Apprendre implique automatiquement de se tromper. On apprend en testant, tâtonnant, corrigeant, bref en essayant. Il faut donc veiller à avoir une attitude assez ouverte envers l’erreur. Oui, on fait des erreurs, mais ces erreurs sont nos guides pour progresser. Chaque erreur comprise est un progrès.

Si vous arrivez en cours en vous disant que vous ne faites que des erreurs / fautes et que vous êtes nul(le), alors il y a de fortes chances que vous ayez peur de parler, que vous hésitiez à vous mettre en avant, à vous exposer. Et vous risquez de vous priver d’opportunités pour progresser.

En revanche, si vous arrivez en cours en vous disant que faire des erreurs est tout à fait normal. Si vous pensez que faire une erreur veut simplement dire que vous n’avez pas encore intégré tel ou tel point et non que vous êtes bête, alors vous pourrez avoir une attitude plus ouverte envers les apprentissages et bien plus tolérante envers vous-même.

Je vous invite donc à prendre quelques minutes et à réfléchir à votre attitude envers l’erreur, et plus généralement envers vous-même lorsque vous êtes en situation d’apprentissage d’une langue étrangère. Soyez tolérant(e) envers vous, laissez-vous le temps d’apprendre et surtout laissez-vous le droit de vous tromper 🙂

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