Faire une pause, être en pause : quelques précisions sémantiques

Me voilà de retour avec deux expressions abordées la semaine dernière pour lesquelles je voudrais apporter quelques précisions sémantiques (au niveau du sens), et d’usage (d’utilisation). En effet, en enregistrant la vidéo de l’article, j’ai réalisé que mes explications et exemples manquaient de précision. Cela m’a « chiffonnée », ou encore « chagrinée », c’est-à-dire que j’avais cela en tête et que je n’étais pas très satisfaite de mes explications. Elles manquaient de précision(s), je ne vous avais pas tout expliqué. C’est pour cela que j’ai décidé de revenir sur ce point cette semaine 🙂

Alors, la semaine dernière à propos de « faire une pause » et « être en pause », voici ce que je vous disais :

« Faire une pause » (ou « être en pause »), relève tout simplement de l’interruption. Au bout de quelques heures de travail, on apprécie de pouvoir faire une pause.

« Faire une pause » relève de l’action de se mettre à l’état de « pause », l’action de travailler (ou faire quelque chose), à « ne pas travailler », « ne pas faire cette chose ».

Une fois que l’on a décidé de « faire une pause » et que l’on s’arrête, alors on « est en pause ». « Être en pause » concerne le moment à partir duquel la pause commence.

Faire une pause : sens et emplois

Faire une pause inclut deux sens : l’action de se mettre en pause, donc de passer de l’état de travailler à celui de ne pas travailler (ou de l’état de « faire quelque chose » à l’état de « ne pas faire quelque chose »). On se lève de son bureau pour faire une pause. On bricole, puis on est fatigué, alors on décide de faire une pause et de s’arrêter de bricoler pendant un moment. On lit un livre et au bout d’une heure, on manque de concentration et on veut boire un thé, alors on fait une pause.

Mais, « faire une pause » inclut également l’état (le fait d’être), le sens statique, le constat de la situation quand on est déjà en pause : on boit son café depuis 5 minutes parce qu’on fait une pause.

  • Chaque jour, je fais une pause de 10 minutes à partir de 10 heures.
  • Nos employés font une pause pour le déjeuner qui dure 40 minutes.
  • J’en ai assez de réfléchir sur ce problème, je fais une petite pause, je suis sûr que ça ira mieux après.

Être en pause : sens et emplois

En revanche, « être en pause » inclut uniquement l’état, le sens statique : j’y suis déjà.

On boit son café depuis 5 minutes parce qu’on est en pause.

Si notre emploi du temps est très régulier, on peut dire que chaque jour on est en pause de 12 à 13 heures.

Mais, on ne peut pas dire : « j’en ai assez de travailler sur cette question, je suis en pause ». Cet énoncé est incohérent. Quand je décide que « j’en ai assez », je suis dans le mouvement de me mettre en pause, je décide de passer du stade du travail au stade de la pause, je change d’état (de l’état de « travailler » à l’état de « ne pas travailler »).

Faire une pause, être en pause : petit résumé

« Faire une pause »  est synonyme de « être en pause » quand il évoque l’état :

  • Je fais ma pause de midi à midi trente chaque jour.
  • Je suis en pause de midi à midi trente chaque jour.
  • Quand je fais ma pause, j’aime bien discuter avec mes collègues.
  • Quand je suis en pause, j’aime bien discuter avec mes collègues.

 

En revanche, « faire une pause » au sens d’action n’est pas synonyme de « être en pause »  :

  • Tu fais quoi là ? Pourquoi est-ce que tu n’es pas à ton poste de travail ? Je suis en pause / je fais ma pause (j’y suis déjà).
  • Tu peux m’aider s’il te plaît ? Ah non ! Désolé, mais là je fais une pause (« j’y vais » ou « j’y suis » selon le contexte).
  • Je craque, ce document me rend fou, je fais une petite pause, ça va me faire du bien (j’y vais).

 

 

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